Comment faire sa propre pectine ?

Comment extraire la pectine des écorces de fruits ?

Très simple ! Il suffit en gros de cesser de la jeter aux poubelles.

En effet, la plupart des pelures de fruits contiennent de la pectine, et probablement plus que vous ne l’imaginez. À chaque fois que vous jetez l’écorce d’un citron ou d’une orange aux poubelles, vous perdez plus de pectine que nécessaire pour faire un pot de confiture. Ce qui est drôle, c’est que la pelure d’une douzaine d’oranges vous fera pour autant de pectine que le prix des oranges elles mêmes. Il est très facile d’extraire la pectine des écorces d’agrumes, des pelures ou coeurs de pommes, des écorces de melons, etc. , pour en arriver à un produit en tout point comparable aux pectines liquides du commerce. Toutes les parties plus dures des fruits pourront faire pour l’extraction de la pectine. Gardez une proportion moyenne de 50 % d’écorces d’agrumes pour l’acidité nécessaire à son extraction, et à la gélification des produits.

Note importante :

Bien laver les fruits en les frottant bien avec un linge avant de les peler. Cette étape est importante, car les fruits sont souvent enrobés de “cire”. Cette cire scelle les résidus de pesticides sur l’écorce des fruits qui est toute utilisée dans cette recette.

Note esthétique :

Ne pas laisser oxyder les pelures ou autres composante avant de les traiter. Profitez de l’abondance des saisons et trempez vos ingrédients dans une solution d’acide ascorbique avant de les cuire, sinon congelez les écorces et les pelures dans des sacs hermétiques en évacuant le maximum d’air. Sinon votre pectine prendra la couleur foncée des fruits oxydés. Une pectine autrement que blanchâtre est bonne pour les confitures mais va ruiner l’apparence des gelées.

Équipement nécessaire :

  • Un robot culinaire
  • Un bain marie de bonne taille (ou improvisé, casserole déposée sur une soucoupe dans une rôtissoire emplie d’eau)
  • Un gros tamis ou une passoire
  • 4 épaisseurs d’étamine
  • Un verre
  • Une fourchette

Ingrédients nécessaires :

  • Des pelures de fruits dont au moins 50 % provenants d’agrumes
  • (mise à jour 2007) J’ai fait de la pectine uniquement avec des trognons de pommes en 2006, et les résultats sont tout aussi satisfaisants)
  • de l’eau
  • de l’alcool (celle vendue en pharmacie est correcte)
  • du jus de citron des fois qu’on aurait besoin de diluer

Procédure :

Vous aurez besoin d’une bonne quantité de pelures sous la main. Il faudra donc prendre l’habitude de congeler vos pelures dans un sac hermétique jusqu’à ce qu’il soit plein, ou encore profiter d’une occasion comme le temps des pommes quand vous faites vos compotes…

Quand c’est fait, dégelez les pelures et hachez-les au robot.

Mettez-les au bain marie, ajoutez de l’eau au 3/4 et laissez chauffer pour 2 heures à couvert en remuant aux 15 minutes. Laisser refroidir.

Pour receuillir le précieux liquide, versez doucement le tout à travers les 4 couches d’étamines au fond de la passoire et laisser égoutter pour la nuit.

Le lendemain, vous aurez une bonne quantité d’un liquide épais et visqueux, bravo, c’est votre pectine !

Contrôle de qualité :

La teneur en pectine de votre produit va varier selon les pelures utilisées et le degré de maturité des fruits. Plus les fruits sont verts et durs, plus la teneur en sera élevée.

La teneur en pectine doit être “normalisée” pour pouvoir la substituer en même quantité dans des recettes existantes. C’est encore une fois, très simple.

Si votre pectine n’a pas la consistance d’un sirop épais (entre le sirop de table et la mélasse), il faudra l’épaissir au bain marie et la refroidir avant le test. La pectine doit être à température ambiante pour ce test.

Versez 2 ou 3 glous d’alcool au fond d’en verre.

Versez- y 1 c. à thé de pectine, remuez le verre gentiment, comme pour un cognac pour 10 secondes. La pectine va précipiter (gélifier).

Plantez une fourchette dans le ‘motton” et brassez gentiment 20 tours.

Retirez doucement la fourchette en la maintenant droite. Si le ‘motton’ y adhère plus de deux secondes, le liquide est trop concentré en pectine et il faudra le diluer avec un mélange de trois parties d’eau pour une partie de jus de citron.

Si le ‘motton’ n’adhère pas, c’est bon signe. Cueillez-le avec la fourchette, comme si il s’agissait d’un aliment. Si ça tiens sur la fourchette en une masse arrondie, votre pectine est parfaite.

Si ça pendouille et se déforme rapidement, il faudra l’épaissir, ou si encore ça ne se laisse pas cueillir, il faudra l’épaissir encore plus.

On épaissis au bain marie.

Si vous n’êtes pas sur de mes descriptions pour le contrôle de qualité, tentez l’expérience avec de la pectine liquide commerciale. Ça vous donnera une bonne idée.

J’empote la pectine dans de bocaux de 500 ml en laissant 1 1/2 pouce sous le goulot et je les conserve au congélateur.

Voilà !

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Vassili Nesterenko

Physicien nucléaire du plus haut niveau en URSS, depuis 1986 il a résisté à la désinformation sur Tchernobyl. En 1990, il a fondé avec l’aide de Sakharov, l’institut indépendant de Radioprotection ” Belrad “, pour enquêter sur la contamination radioactive et venir en aide aux populations touchées par la catastrophe, en particulier les enfants.

Le 27 mai dernier il était venu à Genève avec Yablokov et Goncharova faire la vigie aux portes de l’OMS , soutenant l’acti d’Independent WHO

_Voici ce qu’il avait déclaré : “Je veux vous dire ceci : tant que les amis nous soutiennent, nous continuons à espérer que les victimes survivront. Je suis l’un des 800 000 liquidateurs blessés par Tchernobyl. Ce sont réellement des hommes oubliés dans nos pays. Des dizaines de milliers ont déjà quitté ce monde, ils ne pourront plus parler. Au nom des autres, je vous souhaite à toutes les vigies, du courage et une longue vie, afin que vous puissiez rester ici jusqu’à la victoire. Je vous souhaite à tous la bonne santé que nous avions, nous les liquidateurs, avant d’arriver sur le réacteur. Nous étions tous jeunes et pleins de force. Merci.”
On peut considérer que ces paroles étaient prémonitoires. Il parlait comme un de ces liquidateurs profondément atteint dans sa chair. Comme le dit Michel Fernex, Président des ENFANTS de TCHERNOBYL BELARUS : “Pour nous, Vassily Nesterenko était un ami. Nous étions conscients que l’institut Belrad n’a survécu que grâce à son intelligence éblouissante qui lui avaient permis de résister à mille embûches et attaques perfides dont il était victime. Le professeur Nesterenko dirigeait le célèbre Institut de physique nucléaire de Minsk, quand, en Ukraine, explosait le réacteur de Tchernobyl. Il décide dès lors de se consacrer à la protection des populations, et tout particulièrement celle de la santé des enfants victimes d’irradiation chronique. Il y a consacré sa vie. Avec cela, il néglige sa propre santé et se refuse trop souvent le repos dont il aurait tant besoin.”
Vassili Nesterenko était en train de réaliser un ATLAS du radiocésium accumulé dans l’organisme des enfants vivant dans les régions contaminées en utilisant toutes les données recueillies depuis 1990 dans son action de radioprotection et qu’il est sans doute le seul témoin de ce type concernant les suites de Tchernobyl. Il est donc nécessaire de poursuivre l’oeuvre de Vassili Nesterenko. L’institut Indépendant de Radioprotection “Belrad” doit survivre à ce grand homme courageux, d’une abnégation totale et qui a consacré sa vie pour la reconnaissance de la vérité et tenter de réparer et de limiter les dommages faits à l’homme de la plus grande catastophe nucléaire.

_ Parcours d’un résistant exceptionnel
Dans les heures qui ont suivi la catastrophe de Tchernobyl en 1986, un homme s’est révolté contre le mensonge d’État au prix de sa carrière et de sa sécurité personnelle. Membre de l’Académie des Sciences du Belarus, physicien du plus haut niveau international, Vassili Nesterenko, avait accès en Union Soviétique aux villes interdites pour raisons militaires. Tchernobyl a bouleversé sa vie. Svetlana Alexievitch raconte(1) comment lors d’une conférence d’experts soviétiques il avait pris la parole pour souligner l’urgence d’évacuer la population à au moins 100 kilomètres à la ronde, de distribuer des dosimètres et des tablettes d’iode, de sauver les enfants” (2). Face à l’inaction et aux mensonges du gouvernement soviétique, par un geste d’une témérité inouïe, Nesterenko décida d’arrêter, sans le moindre aval de ses supérieurs, les travaux scientifiques de l’Institut de l’énergétique nucléaire de la Biélorussie, qu’il dirigeait. À la place, il mit tout son personnel à contribution pour étudier les conséquences de Tchernobyl et pour élaborer une politique d’aide aux populations sinistrées. Naturellement, il fut limogé et il a subi les pressions du KGB. Il a échappé à deux attentats.
En 1990, il crée avec le soutien d’Andrei Sakharov, A. Adamovitch et et A. Karpov l’Institut indépendant de radioprotection “Belrad” pour venir en aide aux enfants des territoires touchés par les retombées radioactives. Il forme à la radioprotection les médecins, les enseignants, les infirmières.
En 1994, L’Institut ” Belrad ” acquiert en Ukraine, avec l’aide d’ONG occidentales, des fauteuils mobiles pour l’anthropogammamétrie humaine qu’il perfectionne. Ces spectromètres mesurent la radioactivité dans le corps humain et sont reliés à un ordinateur qui enregistre les rayonnements gamma spécifiques des radionucléides incorporés : le césium 137, mais aussi le potassium. Les données stockées sont publiées régulièrement dans un document distribué aux autorités sanitaires nationales, régionales et locales ainsi qu’aux familles.
En 1996, Nesterenko adopte avec succès l’additif alimentaire à base de pectine de pommes recommandé par le Ministère de la santé ukrainien comme adsorbant du césium137 (Cs137). En un mois de traitement la charge en radionucléides de l’organisme de l’enfant peut baisser de 60-70%.

Nesterenko est le seul scientifique qui mesure systématiquement la radioactivité artificielle interne. Ses mesures ont révélé des contaminations huit fois plus élevées que celles que publie le Ministère de la santé biélorusse, qui a tenté de le bloquer dans son action. Son activité étant légale, il n’a pas réussi à le faire plier. Depuis des années l’Institut Belrad continue à fonctionner grâce à l’aide internationale et en particulier en France par le soutien financier de l’association Enfants de Tchernobyl Belarus, mais aussi de France-Libertes, Les enfants de Tchernobyl…
Lui-même devait se battre contre les méfaits de la contamination radioactive, pour avoir survolé la centrale de Tchernobyl peu de temps après l’accident. Sa santé était devenue très précaire. Or, depuis 2007, les tracasseries administratives avaient redoublé après qu’il ait refusé l’offre qui lui avait été faite de diriger les travaux de la future centrale nucléaire au Belarus. Le 25 juin 2007, le président Loukachenko a signé une résolution adressée au Premier ministre Sidorsky :”Prendre les mesures nécessaires pour traduire en justice l’entreprise unitaire privée ” Institut de radioprotection ” Belrad ” et ses responsables pour violation de la législation dans le domaine de recherches sur la radioprotection et la diffusion des informations sur les résultats de ces recherches. “

Mais, Nesterenko connaissait les lois. Il s’est défendu avec une énergie surprenante. Après des contrôles quotidiens exténuants d’une commission du département fiscal du ministère des Finances, avec mission d’incriminer l’Institut Belrad, ce département a reconnu l’excellence du travail de l’institut et lui a fait ses compliments. Mais, cette dernière bataille a certainement contribué à venir à bout de sa résistance…

Heureusement l’Institut Belrad avec plus d’une trentaine de collaborateurs a construit une équipe dont son fils Alexey Nesterenko est prêt à prendre la direction pour relever le défi de la connaissance contre le mensonge et de l’aide aux enfants du Belarus qui continuent à subir les méfaits de la contamination radioactive.

(1). ” La salle était restée inerte, chacun jugeant qu’il exagérait. Il avait insisté, bataillé. L’auditoire était resté sceptique. Quand il avait vu que ses efforts étaient vains, que chacun faisait mine de croire à une situation “normale”, comme le proclamait la propagande, des larmes de rage s’étaient mises à couler sur son visage… ” Cet homme, il fallait que je le rencontre”, conclut Svetlana Alexievitch. ” La Supplication ” (Lattès),

(2). Cité par Nathalie Nougayrède, Le Monde, 20 mai 2000

C0MMUNIQUE DE PRESSE du 26 Août 2008 DE L’ASSOCIATION “ENFANTS DE TCHERNOBYL BELARUS”
20 rue Principale 68480 Biederthal

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